Chers amis, Les conférences de madame Bourguet-Vic risquent de devenir un rendez- vous incontournable des amoureux de causeries culturelles de haute tenue, de fort intérêt, et de densité éclairée sur le sujet traité.Ce jeudi soir premier mars 2012, au Vatel, un auditoire intergénérationnel était venu découvrir, ou redécouvrir, un peintre impressionniste née la même année que Renoir, Berthe Morisot, qui « traversera la deuxième moitié du XIX siècle à contre-courant des codes de son milieu social, et dont l’œuvre, pleine de charme et de féminité est perpétuellement en quête d’une expression plus subtile, ainsi que d’une profondeur que sa discrétion et sa pudeur masquent. »Merci Monique Bourguet-Vic de cet enrichissement culturel que vous nous avez permis. Nous espérons de tout cœur vous revoir à nouveau au Vatel pour un nouveau sujet de conférence !Vous trouverez, chers amis, le résumé synthétique de cette conférence en pièce jointe accompagnant également les quelques photos de cette soirée. Nous espérons vous retrouver tous le mois prochain au Vatel sur un autre thème, inspiré cette fois par la littérature avec « La princesse de Clèves » de Mme De La Fayette, et qui sera traité par Jean-Louis Meunier président de l’institut Séguier de Nîmes . Jean-Louis Meunier sera intronisé ce même soir comme nouveau membre Richelieu du club de Nîmes. Amitiés Richelieu, R/Lionel VEYRIER
SYNTHESE DE LA CONFERENCE DU 6 JANVIER 2012 A SANARY PAR MONIQUE BOURGUET BERTHE MOROSOT, UNE FEMME MODERNE EN AVANCE SUR SON TEMPS (1841-1895) Joseph Guichard, peintre lyonnais, premier professeur de Berthe Morisot, qualifie la vocation de son élève ainsi : « … dans le milieu de grande bourgeoisie qui est le vôtre, ce sera une révolution, je dirai presque une catastrophe… ». Berthe Morisot n’est pas une révolutionnaire mais sa vie l’est dans la mesure où elle traverse la deuxième moitié du XIX siècle à contre-courant des codes de son milieu social. En effet, née en 1841 dans le milieu de la bourgeoisie parisienne, elle reçoit l’éducation des jeunes-filles de l’époque, destinées à devenir de futures maîtresses de maison. Elle a la chance de recevoir des leçons de dessin données par un voisin de Passy, le peintre Joseph Guichard, un ami de Corot avec lequel elle est mise en relation et dont elle reçoit les conseils. Très vite, elle se présente au Salon et en 1864, elle y est admise pour la première fois. L’évolution dans son milieu cultivé familial facilite son éducation artistique et culturelle. Par son mariage, sans éclat, à un âge tardif pour l’époque, elle est encore à contre-courant de ce qui se fait dans son milieu. A la Galerie Médicis du Louvre où elle copiait les tableaux pour se former, elle fait la connaissance d’Edouard Manet avec lequel elle se lie d’amitié et qui en fait son portrait une dizaine de fois. Mais c’est son frère, Eugène Manet qu’elle épouse en 1874. Il sera un mari compréhensif et c’est lui qui l’encouragera dans sa carrière et lui épargnera les contraintes matérielles de son métier, négociant avec les marchands et s’occupant des expositions.Dans les années 1870, elle s’engage dans « l’aventure impressionniste », qui est aussi à contre-courant de ce qui était officiellement reconnu en peinture. Dès la première exposition de ces « Indépendants », réunis pour la première fois dans l’atelier du photographe Nadar, Berthe fait partie de ce groupe qualifié « d’Impressionnistes » et y restera fidèle jusqu’à la huitième et dernière exposition.Elle est stimulée dans sa vocation par l’entourage d’amis différents qu’elle reçoit régulièrement, tels Puvis de Chavannes, Manet, Renoir, Monet, Degas, Mallarmé formant un ensemble « d’étincelantes dissonances », selon l’expression de Paul Valéry, mari de sa nièce jeanne Robillard. Charme et élégance peuvent caractériser son œuvre consacrée aux paysages, aux portraits et aux scènes d’enfants.En reprenant les propres expressions de cette femme-peintre, en avance sur son temps, il peut être distingué quatre périodes de sa production pour chacune desquelles on citera une œuvre représentative. La première partie de sa vie jusqu’à son mariage en 1874, Berthe Morisot emploie l’expression « une vie de chimères », faisant allusion à son insouciance et à ses rêveries : « Le Berceau », œuvre de 1872 en est un exemple.A partir de son mariage, elle entre dans « la réalité et le positif de la vie », engagée dans des obligations nouvelles de sa vie d’épouse et de mère, après la naissance de sa fille Julie en 1878. D’autres obligations, dues à son engagement aux côtés du groupe des Indépendants, la contraignent à assumer la réalité de sa vie de peintre à laquelle elle se consacre entièrement. Le tableau « Eugène Manet à l’île de Wight » de 1875 peut illustrer cette période. « La Psyché » datée de 1876 traduit une période de peinture lumineuse dans une harmonie colorée, une œuvre qualifiée par Zola de « symphonie délicate ».En 1881, elle représente sa fille Julie jouant au cerceau dans un tableau intitulé « Enfant dans les roses trémières », un instantané de bonheur maternel traduit dans un paysage fleuri.Avec la période des promenades au bois de Boulogne, Berthe dit modestement vouloir « fixer quelque chose de ce qui se passe ». Les deux tableaux de 1884 intitulés, « Sur le lac » et « Le lac du bois de Boulogne », donnent toute la mesure du travail du peintre pour rendre les effets des jeux de lumière sur l’eau et la végétation, anticipant le travail de Monet.La fin de sa vie est empreinte de nostalgie que traduit son carnet de notes. L’évolution de son style est visible dans un de ses derniers tableaux, tel « Devant la Psyché » de 1890, tableau d’une facture absolument moderne. En 1891, « Le cerisier », préparé méthodiquement durant plusieurs mois, correspond à l’aboutissement de ses recherches.C’est ce tableau qui est choisi pour illustrer la rétrospective actuelle de son œuvre qui va s’ouvrir début mars au musée Marmottan à Paris.En 1895, trois ans après la disparition de son mari, elle meurt à l’âge de 54 ans, laissant l’œuvre de toute une vie consacrée à la peinture : 423 tableaux, 191 pastels, 240 aquarelles, 8 gravures, 2 sculptures, 200 à 300 dessins. Son œuvre, pleine de charme et de féminité, reste bien structurée et perpétuellement en quête d’une expression plus subtile, d’une profondeur que sa discrétion et sa pudeur masquent. Monique Bourguet (février 2012)
Berthe MORISOT , une femme moderne en avance sur son temps par Madame Monique BOURGUET-VIC
Dîner conférence du 1er Mars 2012 à l' Hôtel VATEL
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